dim 21/05/2017 - 21:23
Communauté Ingénieurs Formation
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Karina BARRANTES
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A rejoint: 05/20/2013 - 18:10
Communautés de pratique (COP)

Croyez-vous que les COP peuvent révolutionner la formation en entreprise ? Connaissez-vous des expériences similaires dans vos organisations ? Quelles sont vos impressions ?

Rubriques: 
Pierre Tcherkawsky
Hors ligne
A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Oui je crois que les COP sont une modalité potentiellement "révolutionnaire" de partage et d'échange des connaissances au sein de l'entreprise, ou parmi les personnes exerçant un même métier au sein de diverses entreprises. Il suffit de s'interroger sur sa propre expérience en entreprise : quelle part de vos connaissances acquises au cours de votre carrière résulte de formations structurées, et quelle part résulte d'un apprentissage informel (discussions avec les collègues, recherches personnelles, etc.) ? Les COP ont pour ambition d'optimiser cet apprentissage informel. Mais à ce jour, le retour d'expérience des entreprises n'est pas formidable : les COP, bien souvent, ne sont pas très actives... Peut-être faudrait-il mieux les accompagner, y consacrer plus de moyens ? Dériver une part significative du budget Formation de l'entreprise vers l'optimisation de l'apprentissage informel, voilà qui serait révolutionnaire...

A travers cette communauté Ingénieurs Formation, nous espérons vous donner à chacun le moyen d'expérimenter et de bâtir ensemble ... les bonnes pratiques d'une communauté de pratique. 

Samuëlle Dilé
Hors ligne
A rejoint: 03/17/2013 - 17:58

Comme le dit justement Pierre, les COP servent à optimiser l’apprentissage informel, à le rendre accessible. Mais attention, « pour l’optimiser », à ne pas vouloir tout organiser, tout mesurer trop vite ! Le trop est l’ennemi du bien !

Depuis les années 80 et l’essor de l’informatique, la possibilité et la tentation sont grandes de rationaliser, d’organiser, de modéliser. Par nature (informatique), les plateformes collaboratives, le web 2.0 sont structurants : facile d’y intégrer des systèmes de contrôle, de validation, de mesure…

 

Gare à cette approche marketing des contributions et de la qualité des échanges ! Elle a tendance à refermer ces espaces informels qui, par définition, doivent être libres !

 

On ne peut pas et on ne doit pas écrire à l’avance le chemin de cette école buissonnière qu’est l’apprentissage informel. On ne peut pas et on ne doit pas sanctionner (même avec douceur et bienveillance) les participations ou non, les erreurs, les imprécisions... La réussite de l’apprentissage informel réside dans le plaisir de faire et de mettre à disposition, dans le droit à l’erreur, dans la liberté d’action…

 

Si le rendez-vous de la machine à café devient une réunion obligatoire, « l’instant café » n’aura pas la même saveur, la même légèreté, la même insouciance, et les échanges se révéleront alors nettement moins fructueux.

 

Pour davantage d’efficacité, les responsables formation doivent donc accepter ces espaces formatifs non structurants, non structurés, simplement fédérateurs. Ils ont même tout à gagner à les rendre attractifs en y développant des outils comme, par exemple, des murs d’expression libre ou des systèmes de balises du contenu sous forme ouverte. Mettre en œuvre une COP, c'est accepter de perdre de la maîtrise, en se montrant patients, bienveillants et en acceptant la diversité.  Et, s’ils tiennent à évaluer, plutôt privilégier alors l’approche qualitative (enquête de satisfaction).

 

Cet apprentissage informel, c’est d’ailleurs tout l’enjeu de notre communauté Aptilink, où la qualité des contributions et des collaborations découlera à n’en pas douter de la liberté que vous vous octroierez… et que nous aurons à cœur de vous octroyer !

Laurence Delord
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A rejoint: 03/20/2013 - 10:07

Les COP pour révolutionner la formation? le terme est peut-être un peu fort mais au-delà de l'effet de mode il est pour moi clairement une des orientations du monde de la formation. Il me semble indispensable que les acteurs formation s'en emparent pour ne pas les noyer parmi les outils de gestion de projets devenus déjà traditionnels...il me semble, et c'est ce que je vis, qu'un projet peut être la source, le point de départ pour justifier de la création d'une COP parce que vous pourrez (aisément) en démontrer la valeur ajoutée "opérationnelle" mais elle doit s'inscrire dans cet au-delà de manifestation de savoirs informels dont parlent Pierre et Samuelle. D'un point de vue purement factuel, nous allons utiliser à l'UIMM, la fonctionnalité "bio" de nos communautés de pratiques pour tracer la carte des compétences de notre réseau. Ce sont les premières, figées, mais qui vont s'animer par la vie même de ce qui se passe au quotidien au sein des communautés créées....je me permets de vous renvoyer vers le pdf que j'ai publié il y a quelques temps ici même et qui vous donne juste le vécu (qui n'en est qu'à ses balbutiements) de notre organisation sur ce sujet. Les points à retenir sont bien d'y voir le projet comme une opportunité mais également la traduction d'un élargissement de la fonction formation...et la nécessité d'intégrer une animation spécifique, non innée voire une formation à en être membre, comme nous l'avons fait...car être membre d'une COP s'apprend également au jour le jour...nous le vivons tous y compris dans notre communauté Aptilink!

Evelyne TISSOT
Hors ligne
A rejoint: 06/17/2013 - 16:57

Si l'appellation "communauté de pratique" n'a été attribuée aux travaux de Wenger  qu'à la fin du XXème siècle, il me semble que le concept est quant à lui plus ancien. Ainsi, nul doute que de telles communautés existaient déjà, par exemple, sous la forme de confrérie au moyen-âge.

En quelques dizaines d'années, l'évolution technologique a favorisé le développement de nouvelles modalités de communication au niveau planétaire. C'est donc bien grâce à l'électronique, à l'informatique et à l'évolution des technologies de l'information et de la communication que nous vivons dans tous les domaines une révolution. Les communautés de pratique en sont certes bénéficiaires, pour autant la mise en œuvre de cette ancienne pratique ne me semble pas avoir de caractère révolutionnaire. Comme en formation, il s'agit de relier, transférer et réguler. Toutefois, c'est peut-être l'importance donnée à cette dernière partie, la régulation, qui fait la force des communautés de pratique.

Pour ma part, ce qui me plait dans le concept de communauté de pratique, c'est avant tout le rapport d'entraide dont font preuve les individus pour partager leur savoir-faire. C'est aussi la réflexion commune qui nait de l'observation des pratiques et de leurs particularités.

Lors de ces rencontres, j'ai pu constater que quel que soit le niveau d'expertise des participants, nous avions tous à apprendre les uns des autres, tant par la manière d'aborder une situation, que par la façon d'envisager d'éventuelles contraintes et ressources. C'est un point de vue très opérationnel.

Je constate que l'approche des directions des ressources humaines a quant à elle un caractère plus stratégique, au-delà de la création d'une intelligence collective, l'objectif visé est de capitaliser les savoir-faire liés à une pratique professionnelle.

Il semble que quelle que soit la posture qu'on adopte, lorsque ces pratiques sont bien encadrées, elles sont souvent vertueuses.