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Communauté Ingénieurs Formation
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Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10
Les MOOCs : une solution éducative pertinente ou bien un moyen d'accès passif aux savoirs ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les MOOCs (Massively Open Online Courses) font le buzz. Au point qu'un moteur de recherche spécialisé existe désormais pour "découvrir les meilleurs cours gratuits en ligne".

Je suis loin d'être un expert du sujet, mais j'ai consulté quelques cours. Passé l'émerveillement initial dû à la profusion des ressources qui s'offrent à moi, cela me rappelle un peu la télévision scolaire de mon enfance (en moins bien).

Et vous, qu'en pensez-vous ? Les MOOCs constituent certes un moyen de démocratiser l'accès aux savoirs, parfois issus des meilleures universités et professeurs, partout dans le monde. Mais ne faudrait-il pas les intégrer dans une solution "

" ? Y ajouter une dose de tutorat et de collaboration ? Quid alors du modèle économique ?

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Frédéric Mischler
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A rejoint: 03/20/2013 - 10:58

De ma perspective, les MOOCs associent dans leur principe la logistique simplifiée de l'apprentissage en ligne et la richesse, le potentiel d'une communauté en ligne. Comme l'indique Jacques Rodet dans son billet "Quelques effets relatifs à la massification des apprenants au sein d'un MOOC sur les modalités de support à l'apprentissage", bien que s'appuyant sur le tutorat par les pairs, les initiateurs d'un

doivent également organiser le système tutoral associé. Pour autant, au-delà des modalités proposées et mises en oeuvre pour accompagner les apprenants, il est une composante majeure qui prend à mon sens toute sa place dans le cadre des MOOCs, à savoir que les apprenants doivent s'inscrire dans une posture active et soient maîtres de leur processus d'apprentissage. Il s'agit en d'autres termes pour l'apprenant d'évoluer vers un profil d'apprentissage spécifique, qui induit une appétence à apprendre, et le fait de développer des comportements et des compétences en matière de gestion de l'information, et d'organisation personnelle de son apprentissage. En France, la limite du développement des MOOCs et de leur potentiel en tant que nouvelle solution d'apprentissage, me semble être aujourd'hui plus particulièrement d'ordre culturel qu'autre chose, en comparaison par exemple aux Etats-unis ou en Inde.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Effectivement, comme le souligne Jacques Rodet dans le billet que vous rappelez, "les initiateurs d’un

doivent organiser leur système tutoral". C'est la démarche de la Khan Academy qui propose a minima les moyens techniques de coacher les élèves, grâce à un tableau de bord permettant de suivre leur progression, ou mieux encore d'utiliser la Khan Academy comme un complément de l'école (voir le "Teachers toolkit"). C'est un moyen de mettre en place le "flipping" ("renversement") de la classe traditionnel cher à Marcel Lebrun : les cours à la maison, les devoirs à l'école.

C'est également la démarche poursuivie par NovoEd, qui met l'accent sur la collaboration, le travail en groupe sur des projets, le mentoring, etc.

Ces approches qui ciblent les élèves ou les étudiants ont également leur intérêt pour la formation des collaborateurs de l'entreprise. A ma connaissance, la piste des MOOCs d'entreprise a encore été peu explorée (cf. l'interview de Pierre Berthou, DG Software de FutureSkill). Le potentiel me semble pourtant considérable. Si vous connaissez des initiatives dans ce domaine, cela m'intéresse fortement.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

A propos de

pour les entreprises, voir la startup californienne Udemy for Organizations.

Voir également l'article de Cadreemploi : "Les cadres bientôt piqués par les MOOCs ?" qui soulève à la fois la question de l'efficacité des MOOCs et de leur modèle économique.

Samuëlle Dilé
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A rejoint: 03/17/2013 - 17:58

 

Amis de la Communauté, vous n’êtes sûrement pas sans savoir que ça bouge dans le monde des MOOCs hexagonal, et en particulier du côté des institutions publiques ! Ce mois-ci, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lance son premier expérimental. L’objectif de C2iiNum (c’est son nom…, http://c2i.education.fr/mooc/) : acquérir des compétences numériques sur le thème de l’identité numérique, de la responsabilité et du travail en réseau dans les usages du web et du numérique. Il est ouvert gratuitement aux animateurs multimédia en EPN. A ce jour, il affiche complet. Un autre sera proposé fin 2013, de manière plus ouverte. http://c2i.education.fr/mooc/ Si vous avez connaissance de nouveaux dans le monde francophone, merci de les partager !  ou si vous même participez à un partagez vos expériences... 
Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Cadremploi signale trois autres MOOCs à suivre dans les prochains mois :

Gestion de Projet à Centrale Lille, le en trois versions

« Gestion de Projet » fait partie de la famille des X-

, c’est-à-dire un certifiant, avec un cours structuré et des évaluations, dans la même logique que les proposés sur la plateforme Coursera.

Mathématiques et Informatique avec Polytechnique, l’expérience de Coursera

A partir de la rentrée de septembre, Polytechnique sera le premier établissement français présent sur la plateforme américaine Coursera. L’école d’ingénieur proposera trois cours à ses étudiants de première année.

Droit au cavej, le juridique a la portée du grand public

A la rentrée de septembre, le CAVEJ (Centre audiovisuel d’Etudes juridiques), qui dépend des universités parisiennes et plus particulièrement de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, va proposer une formation certifiante : "Droit des sociétés français et structures de l’entreprise".

 

 

 

 

 

Marie Valentin
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A rejoint: 03/22/2013 - 23:14

Merci pour ces informations.

Pour les

en Europe, j'ai notamment entendu parler d'offres en construction :

- EduNao : www.edunao.com

- OpenUpEd : http://www.openuped.eu/61-welcome

Sinon, l'Institut des Mines Telecom en Bretagne utilise une plate-forme open-source : OpenMooc

Polytechnique Paris a rejoint Coursera, premiers cours ouverts en septembre...

La prochaine plate-forme "Claroline Connect" pourrait aussi être utilisée dans une optique "

" : http://lebrunremy.be/WordPress/?p=624

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

A voir également, l’Association européenne des universités d’enseignement à distance (European Association of Distance Teaching Universities – EADTU).

"L’EADTU est un réseau institutionnel rassemblant dix universités européennes d’enseignement à distance/en ligne ouvertes, 14 associations nationales d’universités traditionnelles organisant un enseignement à distance/en ligne pour les étudiants hors campus, et deux universités «à enseignement combiné», sur campus et en ligne. Les activités de l’EADTU sont soutenues par l’action Jean Monnet, qui s’inscrit dans le programme de l’UE pour l’éducation et la formation tout au long de la vie.

Quelque 40 cours, couvrant un large éventail de sujets, seront disponibles gratuitement dans 12 langues."

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

De la variété des MOOCs... Pour reboucler avec ma question initiale, il faut prendre en compte la grande diversité des MOOCs en matière d'organisation de l'apprentissage.

Dans un article de Thot Cursus, Christine Vaufrey rappelle que l'on distingue habituelle deux catégories de MOOCs :

  • Les xMOOCs, qui sont des cours académiques massivement distribués; les contenus sont préparés par l'institution distribuant le cours, et les apprenants doivent assimiler ces contenus. Des tests réguliers et un examen final (qui peut prendre diverses formes) permettent de vérifier le niveau de rétention et de compréhension des contenus, et d'attribuer un certificat de réussite à ceux qui ont obtenu le niveau minimal exigé.
  • Les cMOOCs, qui sont des espaces de co-construction des savoirs et savoir-faire par les apprenants eux-mêmes. Les animateurs du cours établissent une liste de sujets qui sont abordés dans le cadre d'une progression, fournissent des ressources favorisant la réflexion et facilitent les interactions. Ces MOOCs peuvent faire l'objet d'une validation ou pas. Quand il en existe une, elle prend généralement la forme d'une production ordiginale individuelle ou collective.

 

De son côté, le consultant Donald Clark a défini une « taxonomie » encore en évolution, en se basant sur une perspective pédagogique; le « comment ils font apprendre? ». Cette taxonomie est traduite et résumée ainsi par Jean-Sébastien Dubé dans L'éveilleur :

  • transferMOOCs: transfert d’un cours présentiel vers une plate-forme , en se basant sur la de l’institution ou de l’enseignant pour attirer les étudiants (ex: Coursera)
  • madeMOOCs: utilisation plus innovatrice de la vidéo, exerciseurs et logiciels permettant davantage d’interaction, évaluation par les pairs (ex: Udacity).
  • synchMOOCs: avec un calendrier serré, des dates de début, de fin, de remises de travaux. Motiverait davantage les étudiants.
  • asynchMOOCs: calendrier plus lâche permettant de suivre le cours n’importe quand.
  • adaptiveMOOCs: incorporant un algorythme qui adapte son contenu aux apprenants, selon leurs réponses et les analytiques de performance (Clark donne l’exemple de Cogbooks).
  • groupMOOCs: composés de groupes d’étudiants plus restreints, ce qui favorise la rétention. Opèrent sur les mêmes plate-formes que des traditionnels (ex: NovoEd, anciennement Venture Lab). Les groupes peuvent fluctuer pendant la durée du cours. [NDLR: Est-ce alors toujours un ? Ce n'est plus vraiment « massif»...]
  • connectivistMOOCs: il s’agit ici des cMOOC tels que définis par les Siemens, Downes et Cormier… Clark résume ainsi ce type de cours: « The whole point is to harvest and share knowledge that is contributed by the participants and not see the ‘course’ as a diet of fairly, fixed knowledge. These course tend to create their own trajectory, rather than follow a linear path. »
  • miniMOOCs: des plus courts (heures ou jours), associés davantage à des entreprises privés qu’à des universités et visant l’acquisition de compétences plus pointues, reliées à des tâches précises. Clark les associent au mouvement Open Badges.
Frédéric Mischler
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A rejoint: 03/20/2013 - 10:58

Egalement, deux articles qui me semblent intéressants à propos des

:

Pourquoi faire des

?http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/04/29/pourquoi-faire-des-mooc/

"Un petit tour d'horizon des bonnes (et parfois moins bonnes) raisons de se lancer dans l'aventure".

Trois bonnes raisons de ne pas faire un

http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/04/30/trois-bonnes-raisons-de-ne-pas-faire-un-mooc/

"Ne pas avoir le temps ni la compétence, Ne pas avoir de public, ne pas pouvoir affronter la concurrence"

Jacques Rodet
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A rejoint: 03/20/2013 - 08:19

Une page Facebook ambitionne d'informer sur les Moocs : http://www.facebook.com/pages/MOOC-Fr/406341566116985?fref=ts

Agnès Garletti
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A rejoint: 10/01/2013 - 19:56

D'après la taxonomie suscitée, ne serait-ce pas à l'offre de formation d'apporter des solutions pensées en termes de conduites et de styles cognitifs de l'apprenant dans ses dispositifs

. Ce serait donc à l'apprenant en fonction de sa connaissance qu'il a de lui-même et de ses contraintes de choisir son dispositif de formation. Bien entendu, un guidage dans la perception de la connaissance de soi pourrait accompagné l'apprenant dans sa prise de décision.

Philippe Delanghe
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A rejoint: 10/10/2013 - 12:39

Effectivement on en parle beaucoup. Nous avons fait un webinaire sur le sujet qui a eu pas mal de succès (200 participants ... quand nous en avions eu 50 sur l'accessibilité ...) et si le sujet vous intéresse voici les liens vers le webinaire et, pour ceux qui comme moi préfèrent lire qu"écouter, le verbatim et les réponse aux questions qui ont été posées. 

Bonne lecture / écoute

Philippe Delanghe

 

Khalid NAASS
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A rejoint: 11/12/2013 - 20:15

Toutes ces discussions me passionnent parce qu'au Maroc, les

ne semblent pas être sur l'agenda des universités locales ni sur celui du ministère de l'enseignement supérieur , de la recherche scientifique et la formation des cadres.

Je suis moi-même un étudiant qui vient d'avoir un master2 en didactique des langues et sciences du langage et en même temps je suis professeur de FLE dans une école primaire, j'aimerai bien poursuivre mes études supérieur et préparer ma thèse sur l'apport et l'impact des cours en ligne ou les

sur l'évolution des compétences communicatives et linguistiques des étudiants qui pourront les suivre.