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Communauté Ingénieurs Formation
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Samuëlle Dilé
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A rejoint: 03/17/2013 - 17:58
Quelles sont selon vous les pistes de ROI envisageables pour les MOOC ?

Dans l'article Les MOOC : du fond oui, mais des fonds aussi…, des interrogations sont soulevées quant au modèle économique des

. Gratuits pour les apprenants, ils nécessitent des financements croisés (universités, fondations, entreprises, fonds d'investissement) dont les retours sur investissement (ROI) semblent assez incertains et posent la question de l'avenir du modèle économique des . Relisez le point de vue évoqué, et partagez votre avis et votre analyse.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

De manière générale, les MOOCs actuels reposent sur un modèle "freemium". L'accès aux modules est gratuit, les services additionnels sont payants. Parmi les services additionnels payants, on trouve classiquement la certification et le tutorat.

Concernant le tutorat, voir l'article de Matthieu Cissel : Services Premium pour les MOOC: le tutorat, et les commentaires que Jacques Rodet y apporte.

Il y a aussi des cas où les MOOCs ont tendance à se transformer en MOCs : l'inscription est payante, l'objectif reste "massif" mais le système n'est plus tellement "open". Exemple avec Udacity : "The Georgia Institute of Technology plans to offer a $7,000 online master’s degree to 10,000 new students over the next three years without hiring much more than a handful of new instructors." Udacity prélevant 40% des revenus, on peut espérer un ROI massif, conforme à ce qu'attendent les VCs.

Il est également instructif d'observer l'évolution de Coursera, qui annonce fièrement explorer le "MOOC based learning on campus". Cette fois, c'est le "M" et les 2 "O" que vous pouvez retirer. Il reste le C. C'est-à-dire le bon vieil e-learning qui, associé à l'enseignement délivré "physiquement" sur le campus produit une forme de

-learning. Pas inintéressant comme évolution pour l'enseignement, mais cela démontre que les plateformes commerciales de MOOCs, soutenues par des fonds d'investissement, n'ont pas l'intention d'être des diffuseur d'enseignement gratuit mais des fournisseurs de cours pour le marché de l'éducation.

 

Béatrice LHUILLIER
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A rejoint: 03/20/2013 - 11:58

J'avoue pour ma part regarder un peu de loin les MOOCs car je suis loin d'être convaincue de l'intérêt pédagogique côté apprenant et économique côté entité formative. Mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et serais ravie de constater de grandes réussites sur ce créneau :)

J'ai lu l'article de Matthieu Cissel quej'ai trouvé très intéressant, tout comme les commentaires de Jacques Rodet. Ma conclusion, c'est que ce type de dispositif pose (ou re-pose) la question de l'engagement de l'apprenant dans son processus d'apprentissage. Et je suis de l'avis de Jacques en la matière : proposer une formation sans

revient à délivrer des masses de contenus comme on l'a fait par le passé, au début du e-learning (quand on a déposé des PDF sur des plate-formes en se disant que les gens allaient forcément se connecter pour se former...). Dit autrement c'est comme vous parachuter en terra incognita sans carte ni boussole (et sans google maps il va sans dire... :-))

C'est aussi comme vous inviter dans une bibliothèque remplie de livres : vous n'aurez pas assez d'une vie pour tous les lire ? De la même façon, vous n'aurez jamais assez d'une vie pour suivre toutes les formations proposées en

chez Coursera par exemple (et cela aurait-il le moindre intérêt pour vous ?)

Bref, cela pose donc la question de l'engagement mais aussi de "l'intelligence stratégique" de l'apprenant dans son propre processus de montée en compétences...tout un programme...

Jacques Rodet
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A rejoint: 03/20/2013 - 08:19

Que les moocs qui en sont à leurs débuts en France reproduisent les erreurs que les nombreuses formes de la formation à distance a pris ces dernières années n'est certes pas réjouissant mais est excusable. Parmi ces erreurs, la sous estimation du rôle de l'

et du tutorat est un grand classique.

Les moocs, pas plus que les autres dispositifs ne remplaceront quoi que ce mais enrichiront l'existant. Il est donc intéressant de regarder cela de près et d'aider les initiateurs à ne pas persister dans les erreurs de jeunesse.

Frédéric Mischler
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A rejoint: 03/20/2013 - 10:58

Partageant largement les échanges précédents, et dans l'idée d'imaginer / identifier des modèles économiques viables pour les Moocs et leur ROI, je vous relaye un lien vers un article, qui introduit une approche quelque peu plus ouverte au delà du monde de la formation : "Et si les MOOCs étaient à terme l'avenir du Recrutement digitial ?".

 

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Et en complément de l'article signalé par Frédéric Mischler ci-avant, un article de Educpro.fr qui décrit bien cette source de revenus qu'est l'aide au recrutement : Les plates-formes de MOOC jouent les cabinets de recrutement

Extrait : "Nous utilisons des outils sophistiqués pour trouver automatiquement les étudiants qui pourraient répondre aux besoins d'une entreprise. Nous ne les mettons en contact que si nous pensons que chaque partie sera intéressée", écrit Coursera.

Olivier Guihard
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A rejoint: 06/26/2013 - 09:50

Les MOOCs sont susceptibles de bouleverser profondément le marché mondial du e-learning.

Pour les grandes entreprises qui achètent des catalogues e-learning sur étagère ( corporate training)  à des éditeurs, cela pourrait devenir une alternative valable. A condition que le standard de qualité soit conforme à ce qu'ils connaissent, et que ce soit disponible dans les langues adéquates. De ce que je vois ci et là, on en est loin mais le phénomène s'amplifiant, le pronostic est favorable.

Je vous renvoie à ce billet de Josh Bersin à propos de SkillSoft fournisseur n°1 de corporate training.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Plusieurs statistiques montrent en effet l'impact que les

pourront avoir sur le marché du e-learning: les étudiants ne représentent que15% des participants des « » (chiffres relévés par L’université d’Edimbourgh, qui édite six sur la plateforme géante d’e-learning Coursera, ou encore par le Gestion de Projet initié par l’école d’ingénieurs Centrale Lille, qui dénombre 400 étudiants sur ses 3600 participants).

"Les gens qui viennent suivre les

sont ceux qui n’ont pas ou plus accès à l’enseignement, explique Jean-Marie Gilliot. Intéressés par la formation continue, ce sont des professionnels en recherche de compétences ou des curieux". Pour le Gestion de Projet, la moyenne d’âge était de 34 ans et 62,5% détenaient un bac+5..

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Bertrand Duperrin est un pionnier du "Social Business" et de l'utilisation des technologies sociales. Selon le billet paru dans son blog, si les MOOCs sont assurément un nouveau modèle de distribution, ils sont encore à la recherche de business models.

Extrait : Une chose est sure, si les MOOCs vont révolutionner quelque chose à court terme ça n’est pas l’univers des business models. En effet la situation de ce coté est plutôt expérimentale, voire nébuleuse.

Pour les plateformes « unversitaires » le

peut être vu comme un complément au cours et inclus dans les droits de scolarité. Mais qu’en est il des étudiants qui, justement, ne fréquentent pas le cursus traditionnel. Deux options existent : leur faire payer les crédits nécessaires ou considérer que si cet enseignement n’est pas diplomant il contribue à l’aura de l’université et est gratuit. Dans ce cas les cours disponibles sont en général limité et l’ensemble est financé par les cursus payants traditionnels. Bien sur si cursus devient diplômant, le passage à la caisse sera obligatoire.

Excellente question ceci dit : paie-t-on l’enseignement ou le diplôme ?

Et pour les « pure players ». Le modèle n’est pas encore trouvé. Certains proposent une offre de qualité qui va nécessairement se payer. Quant aux plateformes libres, « non profit », elles auront vocation à être gratuites mais dans ce cas il leur faudra trouver des financements ailleurs. C’est le cas des universités qui se lanceraient dans le gratuit en faisant financer le projet sur d’autres lignes budgétaires mais, dans le cas d’acteurs réellement indépendants, il n’y aura pas 36 alternatives. Soit on recherchera du contenu de qualité et la qualité gratuite n’est possible….que si l’étudiant devient le produit, ou alors on sera tributaire du bon vouloir d’aimables contributeurs bénévoles.

Bref différents modèles économiques co-existent et nul ne sait encore le ou lesquels fonctionneront. Car entre Harvard qui peut se servir d’un

comme d’un outil marketing financé par ses impressionnantes ressources et un acteur privé qui devra produire de la qualité seul en étant rentable les situations sont très diverses. Et, au final, ces questions de rentabilité ne sont pas neutres par rapport à la valeur de l’offre pédagogique.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

La revue en ligne Inside Higher Ed passe en revue les accords passés entre les universités américaines (au moins 21 universités sont concernées) et les fournisseurs de MOOCs. Cet article en anglais (No-bid MOOCs) éclaire la nature des contreparties demandées par les hébergeurs et l'auteur s'interroge sur l'absence d'appel d'offres de la part des universités, qui s'engagent par exemple avec Coursera à céder jusqu'à 94% des revenus futurs générés par la diffusion des cours.

Hervé Vianès
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A rejoint: 07/11/2013 - 15:50

Il est vrai que la question de l'

, condition de succès pour les solutions elearning se pose. Le groupe d’apprenants par l'intermédiaire du blog associé au  y pourvoira peut-être (le fameux social learning) dans une certaine mesure ? Quant au ROI, en plus des solutions évoquées précédemment, nous pouvons certainement compter sur des solutions financées par la publicité. La recherche d'audience et de légitimité pour certaines structures sont également des enjeux suffisant en soi.

Agnès Garletti
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A rejoint: 10/01/2013 - 19:56

Les

pourraient se financer par des aides à l'autonomisation de l'apprenant dans son parcours d'apprentissage. Je pense à l'évaluation formative, à l'identification des stratégies cognitives, à la perception des représentations, etc. Mais pour ce faire, l'intrumentation et la formation d'acteurs pédagogiques tels que des tuteurs, des enseignants, des formateurs sont nécessaires.

Pierre Tcherkawsky
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A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

En attendant de trouver le moyen de rentabiliser les plateformes de MOOCs, la réalité économique s'impose petit à petit. Alex Usher, de Higher Education Strategy Associates, fait le point sur les 3 plus grandes plateformes américaines de MOOCs.