jeu 06/04/2017 - 18:09
Communauté Ingénieurs Formation
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Pierre Tcherkawsky
Hors ligne
A rejoint: 03/17/2013 - 15:10
Vos apprenants oublient-ils 90% de ce que vous leur transmettez ?

Dans l'article "Brain Science: The Forgetting Curve–the Dirty Secret of Corporate Training", le professeur Art Kohn, fondateur d'AKLearning, rappelle que selon différentes études, nous oublions dans l'heure 50% des informations qui nous sont présentées, et jusqu'à 90% après une semaine. Et il compare les miliards déversés par les entreprises en formation au remplissage d'un réservoir percé.

Il y a bien quelques remèdes pour limiter l'hémorragie : éviter de surcharger inutilement notre cerveau, espacer et répéter l'apprentissage, multiplier les occasions de recherche en mémoire, etc. Mais quelle est leur efficacité ? De plus, ma pratique personnelle avec mes clients, notamment en e-learning, m'a montré que la mise en place de ces remèdes n'est pas facile, voire mal accueillie : il faut absolument "tout" mettre dans le module, la formation doit être diffusée sur une période de temps courte sans possibilité d'y revenir, etc. Et si l'on oublie si vite, comment espérer la mise en application des connaissances en situation de travail ?

Et vous, comment gérez-vous cette question de l'oubli dans vos dispositifs de formation ? Est-ce une préoccupation centrale ? Quelles sont vos bonnes pratiques ?

 

Mots-clés: 
Emmanuel Bellen...
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A rejoint: 03/17/2013 - 14:57

Proposer des questionnaires quelques temps après la formation permet d'améliorer la rétention de l'information. Cela permet aux apprenants de se "benchmarker" par rapport au contenu de formation proposé.

C'est une solution simple et peu couteuse à mettre en oeuvre. 

Claudine MARIE
Hors ligne
A rejoint: 01/29/2014 - 16:21

Si l'apprenant choisit le module qu'il travaille, il y a des chances pour qu'il en retienne plus de 10% parce qu'alors, il le déroulera de façon active du fait de l'intérêt que la thématique présente à ses yeux.

Mais souvent, les modules e-learning sont peu attractifs et surtout, imposés à l'apprenant. Si en plus, le module e-learning constitue à lui tout seul la formation, alors pas étonnant que l'apprenant en retienne peu de chose.

Voilà pourquoi, je n'utilise jamais les modules e-learning de manière isolée. En général, dans les parcours que je propose, ce sont des savoirs de références managériaux que je demande aux apprenants d'intégrer avant une session en présentiel. Ces savoirs font toujours l'objet d'un retour et d'un partage au sein du groupe. Ils sont ensuite utilisés régulièrement dans le cadre de situations professionnelles travaillées en sous-groupes ou en analyses des pratiques.

J'envisage prochainement, non plus d'imposer des modules mais de proposer un choix de thématiques parmi lesquelles les apprenants pourront sélectionner celles qui leur sont nécessaires : j'ai vu au cours d'un benchmark dans une grande entreprise publique que ce mode de fonctionnement était payant : 66% de taux de complétion et 21% de mise en oeuvre déclarée.

 

Emmanuel Bellen...
Hors ligne
A rejoint: 03/17/2013 - 14:57

Ce que vous proposez est intéressant. J'ai le sentiment que vous parlez de classe inversée (un terme qui est réapparu dans le courant de l'année dernière) mais en allant plus loin. Les savoirs proposés avant la formation ne sont pas simplement un préalable au présentiel mais bel et bien des savoirs reinvestis dans une démarche pédagogique plus globale.  

Proposer des parcours thématiques "à la carte" permet en effet aux apprenants d'accèder à des contenus qui correspondent à leurs besoins métier "du moment". Vous citez un benchmark réalisé dans une entreprise publique. Je suis preneur de la référence si vous l'avez toujours. Les chiffres sont impressionnants. 

 
Pierre Tcherkawsky
Hors ligne
A rejoint: 03/17/2013 - 15:10

Merci Claudine pour ce témoignage très intéressant. La formation à la demande, "tirée" par l'apprenant, a en effet toutes les chances d'être plus efficace qu'une formation "poussée" vers lui et qui ne répondrait pas à ses préoccupations opérationnelles du moment. Cela vaut aussi bien pour un module e-learning que pour une formation en salle.

Vous nous ferez un retour d'expérience quand vous aurez mis en place ce fonctionnement "au choix" des apprenants ? Allez-vous également proposer des outils d'auto-diagnostic des besoins ?

Claudine MARIE
Hors ligne
A rejoint: 01/29/2014 - 16:21

Pour revenir sur les chiffres "impressionnants" selon Emmanuel, je pense nécessaire de nuancer mes propos concernant le pourcentage de mise en oeuvre.

En effet, au cours d'une étude sur l'évaluation des effets de la formation, j'ai consulté des managers sur les activités qu'ils mettaient en oeuvre suite à un parcours en management. Les 21% de mise en oeuvre sont donc issus de ces déclarations et donc, de la perception qu'on ces managers de leur activité.

Je reste toutefois persuadée que le niveau de liberté de choix dans les parcours a un impact déterminant sur le taux de mise en oeuvre.

Bien entendu, je ferai part du résultats de mes expériences sur ce sujet si je parviens à mettre ces principes en application.